Oui j’allaite, et alors?

Grossesse & naissance
Lettre aux détracteurs (inconscients?) de l’allaitement maternel

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Ça y est, la semaine dernière nous avons commencé la diversification après 6 mois d’allaitement exclusif. Une grande étape qui marque le « début de la fin » d’une superbe expérience avec mon bébé. Une grande étape qui me pousse également à faire le bilan des 6 mois écoulés.

Et, si j’avais lu et vu beaucoup de choses sur la nécessité de ne pas culpabiliser les mères choisissant le biberon, ce avec quoi je suis absolument d’accord entendons-nous bien, je ne me doutais pas qu’en optant pour l’allaitement maternel je ferais moi aussi l’objet de remarques d’apparence anodines mais qui, cumulées, m’auront laissé un petit goût amer malgré tout…

Évidemment au début rien de tout cela bien sûr, plutôt même un certain respect de vouloir opter pour ce qu’il y a de mieux pour Bébé. Après tout, beaucoup d’autres mères essaient également, et puis, même si cela ne dure que quelques jours ou semaines, c’est toujours ça de pris…
Et puis, passé le premier mois, une certaine surprise et déjà les premières questions: « Ah oui, tu continues?! Ah ok, mais tu comptes le faire combien de temps? ». Évidemment à ce moment là on n’en sait rien soi-même alors ça semble une question logique. Mais plus on avance dans le temps, plus les petits commentaires se multiplient, jusqu’à atteindre leur paroxysme au cap des 3 mois…

Des avis donnés au détour d’une conversation:
« Quoi tu allaites toujours? Ah ben ça se voit que tu es en congé parental tu ne pourrais pas si tu travaillais! », « Ah mais tu va le faire combien de temps sérieusement? L’OMS conseille 6 mois? Allez arrête de te trouver des excuses pour ne pas couper le cordon! », « Nan mais tu te rends compte, elle gardait son lait dans le frigo avec la nourriture des autres, c’est dégoûtant! », « Non mais ne pense même pas à maigrir tant que tu allaites, j’ai même une copine qui a PRIS du poids et puis alors les seins en gant de toilette non merci! », « Quoi, tu ne diversifies que maintenant?! Non mais à son âge mon bébé mangeait des légumes depuis 2 mois déjà!?! », « Tu n’allaites pas dans les lieux publics si? Moi je trouve ça bizarre quand même »…

Sans oublier les explications à tout, suivies du bien avisé « tu devrais arrêter tu ne crois pas? »:
« Tu as mal au dos, non mais c’est normal tu allaites ça empêche de récupérer de l’accouchement! », « Tu as fait des caries, ah ben ça c’est l’allaitement ne cherche pas plus loin », « Elle fait pas encore ses nuits? Ah moi la mienne elle les fait depuis ses 2 mois et demi mais ça c’est parce que tu allaites! », « Non mais elle a 4 mois maintenant, il est clair qu’elle a besoin de plus que ça », « Ah oui tu as l’air hyper fatiguée, mais c’est ça l’allaitement c’est certain »…

Vous allez me dire que j’ai des amis en Or, mais à vrai dire la plupart de ces commentaires étaient fait de manière anodine, parfois sur le ton de l’humour, parfois non, mais sans aucun doute la grande majorité du temps sans penser à mal, bien au contraire… Cependant, c’est la répétition combinée à l’absence totale d’avis positifs (!) qui m’aura amenée à régulièrement me remettre en cause voire, dans les moments les plus difficiles, à tout simplement me décourager.

Car OUI allaiter ça fait mal au début, OUI, allaiter c’est épuisant, OUI allaiter ça empêche de faire un régime, OUI allaiter c’est un engagement personnel, NON je n’aurais probablement pas pu le faire si j’avais repris le travail 10 semaines après l’accouchement, NON je ne peux pas encore m’habiller comme je veux, NON je n’ai pas encore récupéré mon corps d’avant, NON bébé ne faisait pas ses nuits à 2 mois et demi, NON je ne peux quasiment jamais déléguer à quelqu’un d’autre mais OUI je fais tous ces sacrifices pour son bien, pour qu’elle ait le meilleur pour sa santé et NON je ne le fais pas pour mon propre plaisir même si, et heureusement, le lien ainsi tissé avec Bébé est très fort.

Alors simplement, si vous côtoyez une maman qui allaite, pensez avant d’énoncer ce type de petite phrase anodine que vous êtes peut-être la 15e personne à le faire, que peut-être cette maman est fatiguée, a des doutes sur le fait qu’elle fasse bien « ce qu’il faut » pour son enfant ou que – si vous êtes sur ce blog – cette maman est peut-être en plus de cela isolée, à l’étranger, sans sa famille et amis proches pour la conseiller et la soutenir…
Je ne cherche pas à me faire plaindre ici, heureusement j’ai eu un mari qui m’a toujours soutenue dans cette démarche, et j’ai aussi totalement conscience que dans la vie il y a des problèmes bien plus grands, mais j’avais simplement envie de vous rappeler que parfois un petit mot d’encouragement ça fait tout simplement du bien.

Alors la prochaine fois, n’hésitez pas et dites lui que ce qu’elle fait est bien et que vous vous rendez compte que c’est difficile. Vous verrez, rien ne lui fera plus plaisir!

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