Votre bonne fée la kraamzorg

Grossesse & naissance
Le post-partum aux Pays-Bas

C’est selon moi l’un des meilleurs aspects d’un accouchement aux Pays-Bas. Bébé né, vous remarquerez très vite que votre séjour à l’hôpital sera court, pour ne pas dire express (parfois seulement quelques heures après la naissance)! Mais vous rencontrerez bientôt la femme sur qui vous pourrez vous appuyer durant des 7 prochains jours : la kraamzorg.

Assez tôt dans votre grossesse, vous vous serez inscrite auprès d’un bureau de Kraamzorg, les aurez informés de votre date présumée d’accouchement et aurez reçu les instructions quant au matériel nécessaire pour votre prise en charge post-partum. Plus tard (environ à la 34e semaine de grossesse), une représentante sera venue à votre domicile pour finaliser votre admission, vous informer sur les soins fournis tout en s’assurant que tout soit bien en place chez vous.

Avant la naissance, il vous faudra en effet louer des élévateurs de lit, acheter un « kraampakket » (contenant les produits de soin tels que de la gaze, des protections de lit, etc.) et vous procurer tout le matériel nécessaire à l’arrivée de Bébé (langes, thermomètres, baignoire…). C’est à ce moment là que vous devrez vous assurer de certaines choses telles qu’avoir une kraamzorg parlant anglais ou encore savoir quelle sera la prise en charge en cas de retour de l’hôpital en soirée/ nuit (notre bureau nous aurait envoyé quelqu’un à toute heure mais ce n’est pas le cas de tous).

Et lorsque vous sentirez que le moment est venu pour votre bébé de venir au monde, vous – ou plus surement votre partenaire 😉 – devrez appeler le bureau de Kraamzorg de sorte qu’ils s’organisent pour votre retour à la maison. Une fois que vous aurez fait connaissance avec votre petit trésor  et informé le bureau de votre heure de sortie, vous rencontrerez votre bonne fée, la kraamzorg.

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Une aide si précieuse

La mission du kraamzorg est d’assurer vos soins et ceux du bébé pendant les 7 jours qui suivent la naissance. Concrètement, elle est généralement présente entre 7 et 8h par jour les premiers jours, puis quelques heures le reste de la semaine, en fonction de vos besoins. Bien sûr, le temps que vous aurez passé à l’hôpital (24h en ce qui me concerne, lisez mon histoire ici) sera déduit de votre forfait global mais selon moi cela reste bien suffisant. Durant cette période, elle s’assurera de votre bonne santé mais sera également chargée de s’assurer que vous récupériez bien de l’accouchement.

Voici donc le récit de mon expérience. Evidemment, la vôtre pourra être légèrement différente mais dans les grandes lignes, voilà ce à quoi vous pouvez vous attendre.

Après les 24 heures passées à l’hôpital, nous avons reçu le feu vert pour rentrer chez nous avec notre petite princesse. Une heure après notre retour, la Kraamzorg était à notre porte. Elle s’est présenté et a fait notre connaissance, puis nous a auscultées une 1ère fois. Comme il était déjà 16h (et qu’on était un samedi), elle s’est assurée de ce que nous ayons tout le nécessaire pour passer la nuit et qu’il ne nous manquerait rien que nous ne puissions acheter le lendemain. Elle nous a également donné des instructions pour cette 1ère nuit avec Bébé (prise de température, préparation des bouillottes, suivi des temps d’allaitement, vérification des couches…). Puis, une fois qu’elle nous a senti suffisamment confiants (enfin, autant que l’on puisse l’être en tous cas!) elle nous laissa pour la nuit.

Juste une précision : j’ai eu durant cette semaine 3 kraamzorg différentes. Cette situation était vraiment inhabituelle en ce qu’en principe on n’en a qu’une, mais la 1ère ayant bloqué son dos quelques jours auparavant, elle du être arrêtée et remplacée au pied levé. Toutefois, toutes furent si adorables que je n’ai rien à en dire de négatif.

Mais revenons-en à nos moutons : à quoi ressemblait une journée type avec la kraamzorg?
A son arrivée (généralement vers 8h30), nous faisions le bilan de la nuit écoulée, puis elle prenait ma température, mon pouls, palpait mon ventre afin de s’assurer que tout revenait bien en place et vérifiait l’état de mes points de suture. Ensuite, elle vérifiait le poids, la température et les couches de Bébé (pour s’assurer qu’elle buvait suffisamment)… Chaque jour, elle dressait un rapport dans notre carnet de suivi. Puis elle me donnait des conseils sur divers sujet tels que la préparation du bain, que faire en cas de coliques, la manière de s’assurer d’un allaitement efficace, etc.
Ensuite, nous elle m’aidait à mettre en place l’allaitement de Bébé. A ce sujet, je dois dire que sans la Kraamzorg, je ne sais pas si j’aurais réussi à le mettre en place durablement ! Lors de ma montée de lait, l’allaitement était devenu extrêmement difficile (j’y consacrerai un post prochainement). Les conseils et l’aide que j’ai alors reçus m’ont été si précieux que si aujourd’hui je peux dire qu’à 4 mois j’allaite encore exclusivement ma fille c’est en grande partie grâce à elles.
En parallèle, elle veillait à maintenir une hygiène impeccable pour Bébé et moi. En clair, chaque jour, elle nettoyait de fond en comble notre salle de bains pour éviter tout risque d’infection, changeait nos draps, lavait et pliait notre linge. L’une des 3 kraamzorg que j’ai eues était même tellement géniale qu’elle allait jusqu’à me le repasser !
Elle veillait également à ce que je me repose et mange suffisamment: elle me préparait des collations matin et après-midi, ainsi que le déjeuner (un déjeuner à la hollandaise certes, mais tout de même). Et cerise sur le gâteau, elle s’occupait même de Bébé pour me permettre de faire des siestes ou de me doucher par exemple.
Pour finir, bien sûr, elle m’apprenait à bien prendre soin de Bébé …

Ce système est vraiment le meilleur que j’aurais pu espérer. Dans mon pays d’origine, les jeunes mamans restent à l’hôpital au moins 3 jours après la naissance, mais ensuite, elles se retrouvent seules à la maison avec leur bébé… Ici, nous avons la chance unique d’avoir quelqu’un à domicile, nous montrant comment faire les choses dans notre propre environnement, qui nous est complètement dédiée, et peut répondre à toutes les questions qui surgissent immanquablement au fil des jours (hé oui, car la plupart des questions n’arrivent pas uniquement le 1er jour mais un peu plus tard) … Je sais qu’en France, il est possible de demander une aide à domicile – trop de femmes l’ignorent. Compte tenu de mon expérience, je ne peux que vous recommander de le faire, car cela peut vraiment faire la différence quant à votre vécu du post-partum.

Une plus large assistance

En plus de la kraamzorg, quelques personnes viendront à votre domicile durant cette première semaine. D’abord, vous retrouverez votre sage-femme. Elle vérifiera particulièrement votre état de santé et s’assurera, avec la kraamzorg, que tout va bien pour vous et votre bébé. Vous recevrez également la visite de deux personnes, la première effectuant le test de Guthrie (échantillon de sang prélevé sur le talon de Bébé) et l’autre testant l’audition du bébé.

Une fois la première semaine écoulée, vous ne serez bien sûr pas livrée à vous-même pour autant.

Vous aurez un premier rendez-vous avec une personne du «Consultatie bureau». C’est auprès de ce «Consultatie bureau» que sera suivi le développement de votre bébé. En d’autres termes, c’est là que vous pourrez vous rendre pour le/ la peser et mesurer, que lui seront faits ses vaccins et que sera effectué le suivi de son développement jusqu’à ses 4 ans.
A noter, pour ce qui est de sa santé à proprement parler (pour un rhume par exemple) c’est chez le médecin de famille (« huisart ») que vous devrez vous rendre.

Pour ce qui est de votre propre suivi, vous aurez la possibilité, à la 6e semaine post-partum, de revoir votre sage-femme afin de faire un point sur votre rétablissement. Vous aurez également l’opportunité de prendre un rendez-vous pour déterminer votre méthode de contraception à l’avenir.
Quant à la rééducation du périnée, vous serez votre propre juge. En effet, lorsque je lui ai demandé, la sage-femme ne m’a donné aucun vrai conseil pour ce faire (à part l’évidence je veux dire) mais a précisé que si je ne me sentais pas à l’aise de ce point de vue là au terme des 3 mois après la naissance, je pourrais aller voir une kinésithérapeute spécialisée (« pelvic fysiotherapist »). Votre rééducation est donc laissée à votre entière appréciation, mais bien sûr, si vous le souhaitez vous pouvez en bénéficier.

Pour conclure, je ne peux que dresser un bilan positif du post-partum aux Pays-Bas. Oui, votre séjour à l’hôpital sera très court, mais si vous vous assurez que, de jour comme de nuit, la kraamzorg pourra venir vous aider dès votre sortie, l’assistance dont vous bénéficierez alors n’en sera à mon sens que bien plus précieuse et efficace.

Et vous, que pensez-vous de ce système? Quelles est votre expérience du post-partum?
Prenez soin de vous et à bientôt! ❤

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Geboorte! Accoucher aux Pays-Bas

Grossesse & naissance

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J’avais lu et entendu toutes sortes de témoignages d’expatriées ayant accouché aux Pays-Bas. Des histoires merveilleuses de mères de trois enfants qui avaient d’accoucher à domicile et avaient adoré. Et d’autres terrifiantes de femmes qui par exemple s’étaient vu refuser la péridurale dont elles avaient désespérément besoin juste parce qu’elles étaient « en dehors des heures de travail».

Enceinte de mon premier enfant, je ne parvenais pas à trouver le témoignage d’un accouchement « normal » qui aurait pu me rassurer. Comme pour beaucoup expatriés, l’approche naturelle de la grossesse aux Pays-Bas était vraiment différent de celle de mon pays d’origine. Ici, puisque votre corps est fait pour cela, en l’absence de complications, ce processus n’est pas sensé être médicalisé. Or je ne savais pas ce dont je pourrais être capable – et j’ai rapidement commencé à redouter un accouchement aux Pays-Bas

Ce que je savais

Plusieurs aspects différaient de ce que je savais de mon pays d’origine.

Tout d’abord, bien sûr, je savais que les Pays-Bas comptaient parmi les plus hauts pourcentages de naissances à domicile (≈30% [1]) et que l’assurance maladie ne couvrirait pas totalement le coût d’un accouchement à l’hôpital sans un impératif médical. De même pour les anti-douleurs, j’avais compris que ce n’était pas exactement la norme (c’est le moins qu’on puisse dire!) puisque seulement 15% des femmes reçoivent des médicaments contre la douleur pendant le travail[2]. En comparaison, ce taux est d’environ 80% en France! J’avais même lu que, dans la plupart des hôpitaux, il y avait pas d’anesthésiste dédié voire même que celui-ci pouvait n’être présent que pendant les «heures normales de travail», rendant ainsi votre anesthésie éventuelle très loin dans la liste des priorités vis-à-vis d’opérations en urgence ou autres besoins qui ne soient pas simplement « de confort ».

Ensuite, je savais que la sage-femme ayant fait le suivi votre grossesse serait très probablement celle qui ferait l’accouchement. Ici aux Pays-Bas, la grossesse n’étant pas une maladie, le gynécologue / obstétricien n’a pas à intervenir en l’absence de complication. D’ailleurs, petite précision: si vous prévoyez d’opter pour une péridurale, ce sont alors les sages-femmes de l’hôpital qui reprendront votre dossier.

Enfin j’ai vite découvert que lorsque les accouchements à l’hôpital sont normalement en ambulatoire. Cela signifie que, sauf complications et si vous vous sentez bien, vous pouvez sortir de l’hôpital quelques d’heures seulement après l’accouchement, même en soirée.

Chère peur de l’inconnu – toutes ces différences combinées au fait que c’était ma première grossesse ont suffit à m’inquiéter quant à ma propre expérience et à la façon dont mes souhaits seraient pris en considération.

Ce qui m’a décidée 

Oui, car il y avait bien une décision à prendre vu que je pouvais être de retour en France en seulement 3 heures de train!

Personnellement, je ne souhaitais pas accoucher à la maison. Et en ce qui concerne la douleur, je n’avais aucune idée de ce que je pourrais ou non supporter (à par « l’intense douleur » mentionnée par toutes les femmes, tant qu’on ne l’a pas expérimentée soi-même et sachant que la tolérance à la douleur de chacune est différente, franchement, comment savoir ce que ça veut dire?!?). Je souhaitais donc m’assurer que j’aurais au moins la possibilité d’opter pour la péridurale si j’en avais besoin. Idem pour la durée du séjour à l’hôpital, je n’étais pas très rassurée à l’idée de rentrer chez moi avec mon bébé le jour même de mon accouchement (sans compter que mon gynécologue était radicalement contre!).

Mon premier réflexe fût donc de chercher un hôpital adapté aux expatriées, où je pourrais recevoir des soins disons… plus conformes aux standards européens. Je fus ravie de trouver un établissement, apparemment privé, à La Haye qui semblait correspondre à cela (pour celles que ça intéresse, l’hôpital Bronovo). Quel soulagement!
Malheureusement, je n’avais pas pensé au fait que je n’habitais pas dans une de ces grandes villes d’expatriées mais à 40 minutes de là. Vous aurez compris, j’étais en dehors de la zone couverte par cet hôpital et, privé ou pas, il ne feraient pas d’exception!

J’ai fini par rencontrer ma sage-femme (“verloskundige”) [voir mon article sur la grossesse ici], qui m’a demandé quels étaient mes souhaits pour la naissance et à qui j’ai fait part de mes craintes. Elle se montra très compréhensive et me rassura beaucoup. Si je souhaitais accoucher à l’hôpital, c’était bien sur possible, mais surtout, si je souhaitais opter pour la péridurale, je pourrais le faire et cela de jour 24/24h et 7/7j – tout du moins dans l’hôpital dont je dépendais. L’essentiel était de l’en avertir en avance de sorte qu’elle puisse faire le nécessaire pour que mes souhaits soient respecté. Quant à la durée du séjour, je dois insister sur le fait qu’on ne rentre chez soi sous quelques heures que s’il n’y a pas de complication. Or cette notion est assez large comme vous le verrez plus loin.

Tout cela me fût par la suite confirmé par les sages-femmes et la gynécologue de l’hôpital en question. Pour information d’ailleurs, vous aurez un rendez-vous à l’hôpital avant la naissance si vous prévoyez d’y accoucher – généralement ce dernier se fait par téléphone mais on peut tout de même le conduire en personne. C’est ce que j’ai fait.

Après avoir bien pesé le pour et le contre d’un retour dans mon pays et ayant été rassurée quant au respect de mes souhaits, je me suis décidée à sauter le pas.

Mon bel accouchement

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Un beau matin, je me réveillais avec une sensation inhabituelle. Je compris rapidement que j’avais en fait perdu les eaux! Pour autant je n’avais pas encore de contraction. J’appelai immédiatement mon mari qui venait de partir travailler – nous étions tous deux excités et épatés que cet événement que nous avions attendu 9 mois allait finalement se produire!

Une fois ma respiration retrouvée, j’appelai ma sage-femme, qui m’avait alerté quelques semaines auparavant du fait que selon elle ma fille n’était pas bien positionnée (seulement en touchant mon ventre, il n’y avait eu aucune échographie). Sa tête était certes en bas, mais légèrement sur la droite, causant, si ma poche des eaux se rompait un risque d’enroulement du cordon ombilical ainsi que d’un écoulement trop rapide du liquide amniotique. La consigne était donc dans ce cas d’appeler la sage-femme et de m’allonger immédiatement. Elle arriva chez moi environ 45 minutes plus tard et confirma son diagnostic: mon bébé était toujours mal positionné.

Il s’agissait donc là d’une « complication » au sens néerlandais qui, si j’avais jamais prévu d’accoucher à domicile, aurait de la même manière causé mon transfert à l’hôpital. La sage-femme appela une ambulance afin que je puisse rester allongé pendant toute la durée du trajet, pendant que Papa nous suivrait en voiture.

Tout le monde dit qu’un accouchement ne se déroule jamais comme on l’avait planifié… Je ne peux que confirmer l’adage puisque la maternité dans laquelle il était prévu que j’accouche était justement ce jour-là en plein déménagement vers de nouveaux locaux. On m’a donc transféré vers un autre hôpital dont je ne savais quasiment rien. Étonnamment, je n’étais pas pour autant stressée. Mon bébé était en chemin et il me fallait lâcher prise et faire confiance aux décisions que j’avais prises quelques mois plus tôt. Et cet hôpital s’avéra être génial!

Une fois arrivée, ils m’installèrent directement dans une chambre privée. Ils installèrent le monitor et la gynécologue arriva pour une échographie afin de vérifier la position de ma fille. Elle confirma à son tour le diagnostic et m’informa de deux possibilités. Elle essaierait de bouger le bébé manuellement, et en cas de succès ils devraient provoquer les contractions à l’aide d’ocytocine. Si cela ne fonctionnait pas, ils devraient pratiquer une césarienne… Heureusement la manipulation fonctionna et je pus continuer mon accouchement par voie basse.

Comme prévu ils me donnèrent l’ocytocine et les contractions débutèrent. J’avais entendu que lorsqu’on reçoit cette substance, les contractions sont plus fortes que la moyenne… Je dois dire que pour moi ça ne fut pas du tout le cas – j’avais des contractions toutes les 2 ½ minutes mais elles restèrent très longtemps vraiment supportable. Malheureusement, ceci expliquant peut-être cela, mes contractions n’étaient pas très efficaces et mon col ne se dilatait pas. Les sages-femmes me donnèrent par la suite deux autres doses et à 23h30 mon col était toujours dilaté à moins de 1 cm (cela faisait déjà 14 heures que j’avais des contractions!).
Ils me donnèrent alors le choix entre attendre encore, et espérer que les choses s’accéléreraient durant la nuit, ou alors prendre de quoi dormir et voir le lendemain matin comment les choses auraient évoluées. Venant d’une sage-femme néerlandaise (et donc a priori anti-médicalisation) je me dis que si elle me donnait ce choix c’est qu’elle sûrement avait une raison. J’optais alors pour la solution #2.

Une chose géniale à propos de notre séjour à l’hôpital – oui, NOTRE séjour – c’est qu’ils nous donnèrent directement une suite familiale pour la nuit. Mon mari put donc rester auprès de moi sans coût supplémentaire. Nous étions vraiment bien installés – contractions mises à part!

Je passai une courte nuit, me réveillant de temps à autres, mais je parvins globalement à dormir jusqu’à 4 heures du matin. La douleur avait alors bien augmenté et les contractions s’étaient encore rapprochées. Aux environs de 6h30, après 22 heures de travail, j’appelai finalement la sage-femme pour un check-up et, si possible, pour la pose de la péridurale. A 7h30 j’étais (seulement) à 3 cm de dilatation! Mais heureusement cela suffisait pour pouvoir poser la péridurale. Je vous confirme donc que, lorsque vous en avez besoin, oui, l’anesthésie est possible.

J’allai donc voir l’anesthésiste qui posa la péridurale… après 5 tentatives infructueuses! La cause se trouvait-elle dans mon dos ou dans la dextérité du médecin, je ne le saurai jamais. Mais le soulagement était tel que je ne m’en sentis pas du tout traumatisée pour autant! Globalement, la partie la plus difficile à mon sens était de rester immobile pendant l’injection, mais la douleur en elle-même n’était pas si terrible.

Après cela je ne me rappelle de rien, et pour cause: je n’ai fait que dormir!!! Je me réveillai vers midi, pris mon déjeuner, sans aucune douleur. Les sages-femmes venaient m’ausculter toutes les heures et me dirent rapidement:“OK let’s go!”. Je ne compris pas tout de suite mais, si, il était temps de pousser.

Une bizarrerie ici: elles voulaient arrêter la péridurale. Je négociai pour qu’elles la laisse, sachant que dans de nombreux autres pays elle était maintenu pendant la poussée. Mais elles ne surent alors plus comment me guider: elle s’attendaient à ce que je sache quand pousser et quand arrêter (mais je ne sentais pas les contractions), alors, finalement, je leur demandai d’arrêter la péridurale. Ainsi je serais plus en contrôle de ce que je faisais. Cet aspect est probablement le plus dérangeant dans mon expérience mais ce fut malgré tout loin d’être traumatisant. Au total, la poussé n’aura duré que 15 minutes et se sera très bien passée…

J’avais désormais ma douce princesse dans mes bras! Je n’oublierai jamais ce sentiment et je chéris chaque minute passée avec elle depuis cet instant.

Nous sommes restés 24 heures de plus à l’hôpital. A nouveau deux complications au sens néerlandais avaient émergé: pour moi, la péridurale, et pour mon bébé la durée écoulée entre le moment de la rupture des eaux et l’accouchement véritable (31 heures!). Le lendemain à 15h nous étions sortis, notre fille dans les bras. Cela peut sembler rapide mais aux Pays-Bas une aide-soignante (la « kraamzorg ») vient pour une semaine à votre domicile pour s’occuper de vous et de votre bébé et selon moi c’est encore mieux que passer 3 jours à l’hôpital avec 20 autres patients qui requièrent l’attention du personnel médical. Mais je développerai cela dans un autre post.

J

‘espère que cet article aidera au moins quelques unes d’entre vous. N’hésitez pas à commenter si vous avez plus d’infos ou si vous voyez une erreur. Merci de m’avoir lue et prenez soin de vous! ❤

[1] National Institute for Public Health and the Environment
[2] en 2013, selon BMC Pregnancy and Childbirth